Rencontre avec le Karim Abdul KEITA, Président de la MFR de Kolaboui

jeudi 24 mai 2018, par Aurelie Cauwelier

A l’occasion de la présence en France de Karim Abdul KEITA, Président de la Maison Familiale Rurale (MFR) de Kolaboui, nous l’avons rencontré pour en savoir plus sur cette initiative en plein développement dans la région de Boké, en Guinée.

Quel est votre parcours et comment êtes-vous devenu Président de la MFR de Kolaboui ?

J’ai quitté l’école très jeune car mes parents étaient malades et je devais subvenir aux besoins de la famille. Mais je me suis rapidement engagé auprès de la communauté, notamment en soutien aux jeunes de la localité. J’ai aussi beaucoup travaillé en collaboration avec la Fédération des Organisations Paysannes de Basse Guinée (FOP BG) sur l’aménagement des plaines et plus généralement sur les questions de développement rural. J’ai toujours été très actif dans le milieu agricole.

Lorsque l’idée à émerger de créer une structure destinée à dispenser des formations aux jeunes de la communauté, c’est à ma grande surprise que j’ai été élu président. La communauté, la Fédération et les unions agricoles ont considéré que mon engagement auprès des jeunes dans le milieu agricole était un atout important pour engager et mener ces démarches.

Quels sont votre rôle et vos responsabilités en tant que Président ? Et quelle est aujourd’hui l’appropriation locale de cette initiative ?

Notre première mission est de sensibiliser la population sur l’importance de se former aux techniques agricoles, en particulier les jeunes pour les encourager à trouver un travail dans leur village, leur localité, avec lequel ils pourront nourrir leur famille dignement, sans partir à la recherche d’un meilleur avenir ailleurs. Au final, notre mission est bien de lutter contre l’exode rural en renforçant les compétences localement et en offrant la possibilité d’un véritable avenir.

Pour cela, nous mobilisons un maximum de personnes et essayons de développer des partenariats avec les mairies de la préfecture, les unions, les groupements et avec les producteurs/productrices locaux.

Comment ce projet a t-il émergé ?

La demande étaient présente depuis longtemps sur le territoire et nous avons finalement réussi à réunir les représentants des neuf préfectures de Boké, en présence des membres du gouvernement, des mairies concernées, des préfets et sous-préfets. Il y a eu une véritable concertation locale. Cette rencontre a donné naissance, le 28 avril 2016, à création de la Maison Familiale Rurale de Kolaboui.

Pour accompagner la création et le développement de la MFR, nous sommes accompagnés par Guinée 44 et les Fédérations Départementales des MFR de Mayenne et de Sarthe dans ce processus. Grâce à leur soutien financier, leur accompagnement et les échanges d’expériences et de pratiques destinées à s’enrichir mutuellement, nous avançons ! Ce n’est pas facile, mais la mobilisation grandit et nous commençons à percevoir le fruit de nos efforts, et surtout l’intérêt car il y a un grand besoin localement.

Quelles sont les formations qui ont déjà eu lieu et celles à venir ?

Nos moyens sont encore très modestes mais nous avons pu organiser deux formations. La première était à destination des 13 membres de l’équipe de la MFR afin de renforcer leurs compétences et que chacun comprenne bien le rôle qui lui a été attribué. La seconde concernait les techniques de culture de la tomate. 17 personnes y ont participé dont 14 femmes. Il est en effet important pour nous que les femmes se forment aux techniques agricoles, cela garantit leur sécurité alimentaire et renforce leur place sociale au sein de la société.

Ces deux formations ont duré une semaine chacune car nous n’avons pas encore les moyens d’organiser des formations plus longues mais cela va venir. De nouvelles formations seront dispensées dans les prochains mois, notamment sur la lutte contre les maladies et la transformation et la commercialisation des produits.