Guinée 44 était présente au One Planet Summit

mercredi 20 décembre 2017, par Aurelie Cauwelier

POURQUOI UN TEL SOMMET À PARIS ?

Le Sommet One Planet qui a eu lieu à Paris le 12 décembre dernier avait l’ambition de relancer la mobilisation internationale en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique.

Il y urgence, « notre maison brûle et nous regardons ailleurs » disait déjà le président Chirac en 2002 au sommet de la terre en Afrique du Sud. En 2015, lors de la Cop 21 à Paris, la communauté internationale a pris des engagements pour contenir la hausse des températures sous le seuil de 2°C, et si possible 1,5°C. Mi-novembre dernier, 15.000 scientifiques internationaux publiaient un appel pour alerter sur l’état de la planète et dire qu’il sera « bientôt trop tard pour agir ».

Deux ans après les accords de Paris de 2015, le constat reste alarmant, « nous sommes en train de perdre la bataille, nous n’allons pas assez vite » a martelé le président Macron en ouverture de ce Sommet Climat.

QUELS OBJECTIFS POUR CE SOMMET ?

En organisant ce sommet, le président Macron a souhaité remobiliser les Etats, mais également les régions, les villes, les entreprises, le secteur financier et provoquer un choc dans nos modes de production et de développement pour s’orienter vers une économie décarbonnée et désintoxiquée des énergies fossiles.

QUELS RÉSULTATS CONCRETS DE CE SOMMET ?

Au total une trentaine d’engagements concrets regroupés sous douze chapitres ont été présentés. Parmi eux :

  • La Banque Mondiale a annoncé la fin des financements de projets pétroliers
  • 100 entreprises parmi les plus émettrices de GES engagées dans « ClimateAction 100+ » vont être suivies à la loupe par un groupements de 225 investisseurs et elles seront privées de financement si elles ne font pas des progrès suffisants
  • Un certain nombre de pays autour du Mexique ont fixé un prix plancher pour la tonne de CO2
  • Une coalition de fonds souverains s’engage à travailler pour verdir leur portefeuille
  • Une dizaine de fondations, dont celles de M Bloomberg, Bill Gates, Richard Branson s’engagent à augmenter la part de leurs actions en faveur du climat
  • La fondation Bill Gates va flécher 600 millions d’euros vers l’adaptation climatique et la France complètera pour atteindre le milliard
  • La France augmentera les crédits dédiés à l’adaptation environnementale des pays du Sud, pour les porter à 1,5 milliard par an à partir de 2020, en cohérence avec l’engagement de consacrer 0,55% du revenu national brut à l’aide publique au développement en 2022, etc.

Des moyens conséquents sont annoncés pour financer la transition énergétique. En revanche, moins de moyens sont prévus pour l’autre volet, celui de l’adaptation au changement climatique, qui concerne essentiellement les pays pauvres pourtant les moins émetteurs de GES mais qui subissent le plus sévèrement les conséquences du réchauffement climatique.

Toutes ces avancées ne sont certainement pas suffisantes pour être sur la trajectoire des 1,5°C, cependant elles éloignent de la trajectoire des 3,5°C dans laquelle nous sommes actuellement. L’instauration d’une taxe sur les transactions financières à l’échelle de l’Europe aurait certainement permis de faire un pas de plus, mais on ne peut pas dire aujourd’hui que la France ne prend pas ses responsabilités car certains engagements concrets ont été pris ainsi qu’un rendez-vous dans un an pour faire un premier bilan et ajuster les moyens et actions.

QUE FAISAIT GUINÉE 44 À CETTE CONFÉRENCE ?

Le réchauffement climatique constitue un problème global, mais les réponses doivent aussi se trouver au local. Agir est la responsabilité de chacun et c’est la somme de toutes les actions, y compris les petites, qui permettra de gagner la bataille du climat.

Ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières.

L’environnement et le réchauffement climatique font partie des domaines d’intervention prioritaires de Guinée 44 depuis plusieurs années. Ce fut donc un honneur pour l’association d’avoir été conviée à cette conférence pour siéger aux côtés des hommes politiques du monde entier, des philanthropes, des grandes entreprises, du monde de la finance et des autres ONG engagées pour réfléchir ensemble aux solutions envisageables face au changement climatique.

Cette invitation résonne pour Guinée 44 comme le reflet de la reconnaissance des actions menées avec nos partenaires sur le terrain.

Ces actions engagées par Guinée 44 ont pour objectifs à la fois d’atténuer les effets du changement climatique, notamment en limitant l’utilisation d’énergie avec le projet de cuiseur à haut rendement énergétique, mais également d’accompagner les pays du sud - les plus touchés par les conséquences du changement climatique et pourtant les moins responsables - dans une démarche d’adaptation au changement climatique, notamment dans le domaine agricole avec le développement de pratiques agroécologiques.

Loin des sommets internationaux habituels, le One Planet Summit a permis à chacun de prendre en compte la véritable urgence d’agir non pas seulement pour les générations futures mais aussi et surtout pour les générations actuelles. L’actualité nous montre chaque jour les dégâts causés par le changement climatique, nous ne pouvons plus ignorer ni ses causes, ni ses conséquences.

A l’issue de ce sommet, ce ne sont pas de simples engagements de principes qui furent pris mais bien des engagements pour agir concrètement ainsi que les moyens financiers pour y parvenir. Face à un constat de moins en moins contesté, la France semble avoir pris ses responsabilités. Nous nous engageons pour jouer notre rôle pour l’avenir de l’humanité. Et Guinée 44 s’engage également à continuer ses efforts en ce sens.

L’impact des actions menées est reconnu et encouragé. Malgré les difficultés rencontrées, ce sommet vient comme un encouragement pour tenir bon, redoubler d’efforts et aller encore plus loin.

Espérons que les dispositifs annoncés lors de ce One Planet Summit nous permettront de trouver les moyens pour intensifier et déployer plus largement nos actions pour la lutte contre le changement climatique en Guinée.

Pierre DEMERLÉ, Président de Guinée 44