Participation des citoyens aux politiques publiques à Kindia

mardi 8 décembre 2009, par Selly Keita

Le processus de développement en Guinée repose de nos jours, sur les principes de la décentralisation qui est le socle de la politique nationale et la base des stratégies de réduction de la pauvreté.

"Le développement de l’Afrique se fera par la base" a pour habitude de dire Dr Mamadou DRAME, maire de Kindia et Président de l’Association des Maires de Guinée... en effet, la décentralisation rapproche le décideur du citoyen et permet donc une plus forte implication de la population dans les politiques publiques.

Cette vision de développement a été renforcée par la mise en place du code des collectivités en 2006 pour l’approfondissement de la décentralisation en donnant plus de pouvoirs et de moyens aux collectivités locales (32 compétences et 10 missions).

Depuis 2006, à travers le programme de renforcement des capacités des collectivités de Kindia et leurs acteurs par CA Guinée 44 ; les collectivités locales de Kindia ont connu l’opérationnalisation de la décentralisation caractérisée par le transfert de certaines prérogatives de l’État central vers ces collectivités locales. Celles-ci disposent d’une autonomie plus ou moins grande, d’un budget propre sous la surveillance de l’Etat par le biais de l’autorité de tutelle qu’est le Préfet.

Le principe de la décentralisation induit aujourd’hui la mise en pratique de la gouvernance locale qui n’est rien d’autre qu’un mouvement de « Décentrement » de la prise de décision, avec une multiplication des lieux et des acteurs impliqués dans cette décision. Il renvoie à la mise en place de nouveaux modes de régulation sociales plus souples, fondés sur le partenariat entre les différents acteurs dans un climat d’engagement et de confiance mutuelle :

• où les citoyens aident les gouvernements locaux à décider ce qu’ils doivent faire pour combattre la pauvreté et améliorer leurs conditions de vie.

• où les citoyens ont un œil vigilant sur les progrès que réalisent les collectivités locales, et cherchent à savoir si les politiques apportent ou non des changements positifs.

• où se tient un dialogue constructif entre les citoyens et les gouvernements conduisant à des politiques plus efficaces, plus justes et plus inclusives dont chacun pourrait profiter.

En 2009, les collectivités de Kindia et la CA Guinée 44 se sont inscrites sur cette initiative de mise en place d’une dynamique de participation active des populations et leurs organisations à s’investir dans la définition des politiques locales et dans la veille sociale de proximité, centrées sur une adéquate utilisation des ressources publiques allouées aux collectivités locales pour l’exécution des Plans de Développement Local ainsi que des programmes et projets exécutés au sein des collectivités.

Le processus est basé sur la mise en place et le fonctionnement effectif de réseaux d’OSC au niveau des collectivités. Ces réseaux sont dénommés plates formes de veille citoyenne et constitués des Associations Socioprofessionnelles, des Organisations Non Gouvernementales (ONG), des Groupements de femmes et d’hommes, des syndicats, des représentants des religions, présents dans les collectivités.

A travers ces plates formes de veille citoyenne, le simple citoyen devient le protagoniste actif de la gestion publique à la base à travers la constitution d’un espace ouvert entres les autorités et les populations, où surgissent les conditions de la formation d’un nouveau type de citoyenneté : une citoyenneté active, participative, critique, où les autorités se sentent réellement redevables vis-à-vis de leurs populations, citoyenneté qui se différencie de la citoyenneté traditionnelle, celle des demandes individuelles, des grognes perpétuelles et des révoltes isolées et vaines.

En général, cette dynamique vise à amener les Organisations de la Société Civile (OSC) de chaque collectivité à exercer en synergie leur droit à participer à l’élaboration des politiques de développement et au Contrôle Citoyen de l’Action Publique pour la promotion de la bonne gouvernance locale, la réduction de la pauvreté et l’équité genre.