Stratégie durable de gestion des déchets biomédicaux à Kindia

mercredi 2 novembre 2016, par Alexis Faya OUENDENO

En mars 2015, l’Hôpital Régional de Kindia (HRK) fut doté d’un incinérateur moderne grâce au financement de la chaîne Canal+. Grâce à cet équipement, ce sont 2708 kg de déchets biomédicaux (les déchets du HRK cumulés à ceux de 14 Centres de Santé de Kindia) qui ont pu être traités avec l’appui du PNUD et de l’Ambassade du Japon.

Les résultats obtenus de ce projet de destockage des déchets biomédicaux ont permis de mettre en évidence l’intérêt et la fonctionnalité de l’incinérateur.

Coopération Atlantique Guinée 44 et l’OPALS (Organisation PanAfricaine de Lutte pour la Santé) ont accompagné le district sanitaire de Kindia sur ces réflexions afin de déterminer une stratégie de gestion à plus long terme et de discuter d’un modèle économique permettant de gérer les charges financières de l’incinération et assurer correctement sa maintenance.

Cette réflexion a amené à prendre en compte certains paramètres à savoir :
le fonctionnement de l’incinérateur et du groupe électrogène, la prise en charge des agents incinérateurs, les capacités d’incinération de l’appareil, la production mensuelle des déchets par les centres de santé (CS) et l’HRK, le transport des déchets, les contributions pour le fonctionnement de l’incinérateur, le mécanisme de gestion, la fréquence d’incinération des déchets, etc.

Un atelier de deux jours fut organisé à l’HRK par CA-Guinée 44 et l’OPALS pour débattre de toutes ces questions sensibles auquel étaient présents les représentants de la direction préfectorale de santé, de l’HRK ainsi que tous les responsables des centres de santé de Kindia.

Les deux jours de réflexions ont abouti aux conclusions et/ou aux recommandations suivantes :

- La collecte, le stockage et le transport des déchets seront assurés par chaque structure de santé, notamment les responsables des centres et les points focaux identifiés dans chaque unité. Les normes et procédures de la PCI (Prévention et contrôle des infections) seront respectées dans la mise en œuvre
- Le transport ou la réception des déchets à l’HRK sera effectué deux fois par mois pourvu que toutes les productions mensuelles arrivent près de l’incinérateur
- L’HRK s’engage à assurer la réception des déchets des CS, le stockage, l’incinération, l’entretien des appareils, la gestion des fonds et la planification de l’incinération
- Les bénéficiaires (HRK + CS) s’engagent à supporter toutes les charges de fonctionnement de l’incinérateur et du groupe électrogène
- Des personnes sont désignées pour la réception des déchets, la gestion des fonds de fonctionnement de l’incinérateur et la gestion de l’incinérateur
- Les bénéficiaires directs (CS+HRK) s’engagent à payer 0,5 euro pour incinérer 1 kg de déchets produits
- Les frais d’incinération pour les cliniques privées sont fixés à 1 euro pour 1 kg de déchets apportés
- L’incinération sera organisée en deux jours tous les mois
- Deux personnes sont désignées pour la coordination des actions
- Le suivi et la supervision des opérations d’incinération seront assurés par la Direction Préfectorale de la Santé
- Tous les acteurs impliqués (les personnel des structures de santé, les membres des comités d’hygiène et de santé et les responsables locaux) doivent être mobilisés et sensibilisés pour l’application des recommandations de l’atelier
- Des fiches seront conçues pour capitaliser les résultats et faciliter le travail.

Si l’accompagnement de CAG44 et de l’OPALS a permis d’aboutir à de belles conclusions et à la satisfaction de tous les participants, il reste maintenant à observer la mise en place de toutes ces recommandations.